Demeures et Chateaux
N° 187
Domaine Grand Mouton
Marie-Luce Métaireau
Depuis plus de vingt ans, Marie-Luce Métaireau et son mari Jean-François Guilbaud récoltent, élèvent et vinifient avec passion du muscadet sur lie au centre de l'appellation Sèvre et MAine. Des produits haut de gamme, reconnus dans les restaurants gastronomiques du monde entier. L'ambassadrice du domaine, c'est Marie-Luce, une vigneronne de 47 ans, discrète, douce mais déterminée. Si elle s'occupe de la commercialisation, elle parcourt également les continents pour promouvoir son élixir. A l'automne prochain, direction les pays scandinaves et la Chine. "Au Canada ou à Tokyo, on nous dit que notre vin est formidable, raconte Marie-Luce. Mais elle déplore qu'il faille parfois "aller à l'autre bout du monde pour être reconnu." "Je participe aussi activement aux dégustations à l'aveugle et à l'assemblage, poursuit-elle. Je le fais depuis 30 ans et j'adore ! Cela me permet d'en parler encore mieux à mes clients !"
Issue dune famille de propriétaires viticoles, elle a dû démarrer en bas de l'échelle pour s'imposer dans un milieu si souvent masculin. Pour Marie-Luce, les premiers temps au milieu de ces hommes de caractères furent difficiles. Avec son mari, également issu d'une famille de vignerons, elle investit plus tard dans le domaine qui évolue petit à petit. "Vingt ans d'efforts, de changements, de valorisation pour arriver aujourd'hui à réaliser des produits qui sortent de l'ordinaire." Le Domaine Louis Métaireau Grand Mouton - de l'ancien français "motion" ou motte - s'étend sur 30 hectares de vignes, issues de leurs familles, plantées entre 1933 et 1937 pour les plus vieux ceps. Les vendanges sont à 90% manuelles, pour un muscadet sur lie sans apport extérieur, afin de conserver son goût originel. Avec un terroir de qualité, formé de gneiss et d'amphibolite, qui lui offre une certaine minéralisé, mais aussi une aptitude de garde. Reste à savoir si Claire et Anne, les deux filles du couple âgées de 19 et 17 ans, perpétueront l'histoire. Pour l'heure, elles n'en prennent pas le chemin, mais donnent un coup de main pour l'étiquetage. Tout en se nourrissant des récits de voyages de leur mère !
Delphine Després
Article précédent : Revue L'informateur judiciaire, 5 Septembre 2008.