D'abord, le mouton ne renvoie pas à un quelconque ovin mais à Mothon qui signifait "motte" en vieux français.
Le nom est donc du à la position surélevée du domaine.
Ensuite, un détour par les archives du Duché de Bretagne révèle une histoire longue et parfois agitée :
1385-1440 : Aveux et dénombrement de terres, de maisons, de rentes, de métairies, de fiefs, de droits rééls et honorifiques tenus noblement du Duc de Bretagne et du Roi, dans le ressort de la Sénéchaussée de Nantes sous les dénomination suivantes :
Les domaines et la Seigneurie de Gras Mouton possédés par André, fils de Jean Le Blant et de
Marguerite de Gras Mouton, lesquels ont déclaré deux moulins sur la Meyne (rivière devenue la petite Maine de Bretagne), des pêcheries, des écluses à péage, des droits de tiers et de quart sur la vendange de divers clos de vigne blanche, des rentes et des vassaux nobles dans les paroisses de Château-Thébaud, de Maisdon, etc...
Un document, en date du deuxième janvier mil six cent soixante quatorze, nous apprend que, par décret de la Chambre Royale, la Seigneurie de Gras Mouton a été érigée en Court de Juridiction et que, désormais :
"...Messire Samuel Pantin Chevallier, Seigneur de la Hemlinière Gras Mouton détient pouvoir de Haute, Moyenne et Basse Justice sur ses terres..."
1795-1796 : Sous la Révolution, après le soulèvement de la Vendée, le général Hoche lance les armées de la République contre les chouans. C'est le génocide vendéen. La maison noble de Gras Mouton est incendiée et détruite, les terres, vignes, maisons et métairies sont partagées et vendues en biens nationaux.
1920-1920 : 130 ans après, un négociant nantais dénommé Grégoire entreprend, parcelle par parcelle, la reconstitution du vignoble.
1972 : Louis Métaireau et ses Vignerons d'Art deviennent propriétaires du domaine, dont ils terminent le remembrement, dans une expérience collective unique en France. Ils y apportent leurs connaissances professionnelles et leur maîtrise pour faire
de ce terroir exceptionnel de 23 hectares, 100% melon de bourgogne, un haut-lieu du muscadet qui devient alors le Domaine du Grand-Mouton, le plus beau fleuron des productions des domaines Louis Métaireau.
1980 : Début du cycle de replantations de certaines parcelles, tout en sauvegardant quinze hectares plantés en 1937.
1982 : Marie-Luce Métaireau rejoint son père et commence l'apprentissage de la vigne et du vin.
C'est notamment la création de différentes cuvées par rapport à l'âge des vignes : Petit Mouton
(jeunes vignes) - Grand Mouton (vignes d'une cinquantaine d'années) - "One" (vieilles vignes-millésimes d'exception).
1988 : Mariage de Marie-Luce Métaireau avec Jean-François Guilbaud, lui-même propriétaire d'un domaine sur la rive droite de la Sèvre, le château la Bretonnerie. Ils entreprennent le rachat de Grand Mouton, parcelles par parcelles,
lui donnant ainsi une identité familiale. S'ajoutent à cela des petits cols dispersés sur les communes de Maisdon-sur-Sèvre et la Haye-Fouassière et isus du patrimoine familial.
En tout, le domaine compte 30 hectares de vignes plantées exclusivement en melon de bourgogne, entre Sèvre et Maine... et le couple deux jolies jeunes filles de 14 et 16 ans.
1998 : Création d'une maison d'hôtes au coeur du Domaine pour y accueillir une clientèle internationale qui souhaite s'immerger
dans la vie du domaine.
Un présent à la hauteur du passé
Aujourd'hui, nos deux quadragénaires pérpetuent la tradition en produisant des muscadets d'exception, riches, fruités, originaux, toujours axés sur la fraîcheur, l'équilibre, le richesse et surtout le plaisir.
Les vieilles vignes de 1937 continuent d'être vendangées à la main. Autre particularité, la cuvée "One" est la cuvée d'un jour, le premier jour des vendanges; elle titre 10°5 et est
exempte de chaptalisation.
Nos deux vignerons, tous deux nés dans la vigne, ont un parcours assez parallèle avec des études commerciales, séjour aux Etats-Unis pour Marie-Luce pour s'occuper d'exportation, travail dans l'hôtellerie à Londres pour tous les deux, (où ils se sont connus).
Ils aiment reçevoir, faire la cuisine en famille (Jean-François adore les poissons crus et Marie-Luce, plutôt cuisinés), à tel point que dans leur grande et belle nouvelle cuisine trône une imposante cuisinière Lacanche. Ils aiment voyager et randonner, surtout aujourd'hui en Corse où Louis Métaireau s'est retiré et pris de passion pour les vins de Corse.
Domaine du Grand Mouton à Saint-Fiacre sur Maine