Lettre bimestrielle Nantes Métropole Juin Juillet 2008 N°16

 

Muscadet sèvre et maine sur Lie

MUSCADET SEVRE ET MAINE SUR LIE

REVUE DE PRESSE

Nantes Métropole
Edition N°16 Juin-Juillet 2008

Exceptionnel Muscadet

Marie-Luce Métaireau et Jean-François Guilbaud sont vignerons. Ils produisent de merveilleux muscadets.

La légende raconte que le muscadet ne serait qu'un vin de comptoir, un vin de soif, à boire vite, presque glacé. Un chapitre de cette triste légende fait aussi le récit de maux de crâne sévères suite à la consommation de ce vin de Loire. La vérité est loin de ce cliché à la peau dure. Beaucoup de muscadets sont bons, quelques uns sont savoureux, d'autres, croyez-le bien, sont tout simplement exceptionnels...

Pour ne plus en douter, partons vers le Sud de la métropole nantaise. Imaginez les ronds coteaux d'une petite commune du vignoble nantais, Saint-Fiacre. Par une belle matinée de fin de printemps, le soleil ronronne au-dessus des vignes verdissantes. Là, s'élève le domaine du Grand Mouton, surplombant deux rivières paresseuses, la Sèvre et la Maine. Surprise, en arrivant : Bob, un grand chien au pelage argenté, vous donne son affection. Puis un couple de vignerons vous accueille, presque étonnés que l'on s'intéresse à eux. Pourtant, de leurs chais partent des bouteilles qui font des miracles sur les meilleures tables nantaises, tandis que d'autres filent aux États-Unis, au Japon, en Grande-Bretagne, en Norvège...

Visite des vignes, découverte des chais, dégustation, séduction, plaisir... La légende en prend un coup. Il y a d'excellents muscadets. « Certaines choses que nous entendons sur le muscadet nous irritent, raconte Marie- Luce Métaireau. Nous souffrons de cette image négative. De nombreux vignerons misent pourtant sur la qualité plutôt que la quantité. » Dans la famille Métaireau, on est vigneron depuis le début du XVIIIe siècle. Le père de Marie-Luce, Louis, a donné son nom aux cuvées du domaine. Le mari de Marie-Luce, Jean-François Guilbaud, a lui aussi été élevé au coeur du vignoble nantais. L'amour de ce vin blanc de Loire à l'éclat de perle coule dans ses veines : « Le muscadet est un vin réellement extraordinaire. Il provient d'un terroir magnifique, unique au monde, et d'un cépage, melon de Bourgogne, ne poussant que dans le vignoble nantais. »

L'art de faire un grand muscadet ? « Les vendanges doivent se faire tôt, fin août, début septembre. Le raisin a mûri à l'ombre des grandes feuilles, il est encore un peu vert quand on le récolte. C'est ce qui donne ce goût typique : sec, minéral, nerveux, avec des arômes de fleurs blanches, d'agrumes. » L'autre secret : « Nous avons des vignes anciennes plantées en 1933 et en 1937, explique Marie-Luce. Leurs racines plongent loin dans le sol, c'est ce qui donne cette minéralité à nos vins. Nos vignes ont un petit rendement, et nous les vendangeons à la main... » Pour éviter tout apport, qui trahirait son identité, le jus du raisin à peine sorti des pressoirs ne côtoie que le verre des cuves, pendant huit mois environ lors de la fermentation, puis celui des bouteilles. Contrairement à une idée reçue, ce breuvage à la forte personnalité, lorsqu'il a du coffre, fait un bon vin de garde et se conserve trois, cinq, dix, voire vingt ans. Sa couleur s'étoffe, allant vers l'or. « Les années 1989, 1999, 2007, ont donné naissance à des millésimes remarquables », confirme Jean- François Guilbaud. Ces vins-là déploient au fil du temps des splendeurs insoupçonnées, révélant la noblesse et la richesse d'un vin injustement sous-estimé. Le meilleur mariage entre ces vins divins et des mets ? Les huîtres, avec les cuvées récentes, dont l'une à 10° 5, alors que les millésimes anciens, muscadets de garde comme les somptueuses « One 1999 » ou « One 2006 », accompagnent à merveille bien des plats de poisson, de volaille ou des fromages. De quoi ravir bien des palais de Nantes et d'ailleurs...

David Pouilloux

 

Lien vers l'article en ligne sur le site de Nantes Métropole : Exceptionnel muscadet

 

Article précédent : Quotidien régional Le Parisien, Juin 2008