
Viti
Avril 2008
Degré d'alcool
Le vin se met au light
Qu'il s'agisse de vins partiellement désalcoolisés ou de vins naturellement faibles en degrés, de nombreux producteurs tentent de répondre à la demande naissante de vins "bons pour la santé".
Cela fait de nombreuses années que les produits alimentaires se déclinent en version light. Aux Etats-Unis, le succès des bières light est tel que Heineken a dû créer une Heineken light alors que la marque avait pour dogme de ne se présenter que sous une seule version, quel que soit le marché. En France, Kronenbourg a lancé l'année dernière une bière "Extra Fine" avec 30% de calories en moins. Face au déploiement de cette tendance dans l'univers des boissons alcoolisées, il était naturel que le vin se pose la question de son degré alcoolique, surtout dans le cadre d'une remise en cause européenne de la consommation d'alcool.
Plusieurs producteurs peuvent se targuer d'être des précurseurs. Ainsi, la famille Métaireau en Muscadet commercialise depuis 1992 une cuvée 10,5°. "Nous en produisons 10 000 ou 12 000 bouteilles chaque fois que le millésime le permet" explique Marie-Luce Métaireau du domaine du Grand Mouton."Les consommateurs et surtout les consommatrices ont rapidement adhéré à cette idée de faible degré. En revanche, l'accueil régional a été plus mitigé, certains producteurs assimilant bas degré et bas de gamme. Or avec un prix de vente de 5,70 euros, notre cuvée 10,5° se positionne plutôt dans le haut de notre tarif". Les producteurs de Plaimont et la cave de Rabastens ont par la suite suivi ce chemin avec la marque "Vins de Soif" qui recouvre 3 vins titrant de 10 à 10,5 ° selon les millésimes. Avec moins de 200 000 cols commercialisés chqaue année, essentiellement chez Monoprix, sa réussite est assez mitigée.
Quant à Plume des Gibelins, le vin à 10° d'Olivier Gibelin lancé il y a quatre ans, il cherche encore ses marques. "Je suis sans doute arrivé trop tôt sur le marché d'autant que mon idée de départ était de faire un vin pour un repas léger donc en bouteille 50cl, ce qui représente un conditionnement onéreux, analyse Olivier Gibelin. "Je n'ai pas réussi à valoriser ce surcoût car les acheteurs pensent qu'un vin léger est moins cher à produire alors que c'est l'inverse. De plus, j'ai dû arréter la production de Plume des Gibelins rouge car les consommateurs qui demandaient un vin rouge léger lui reprochaient d'être léger. En effet, il y a un décalage entre l'envie et la réalité d'un vin léger."
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Thomas Gueller
Article précédent : Cuvée 10,5° Muscadet Sèvre et Maine Domaine Louis Métaireau Grand Mouton 2006 par le magazine Offrir Club N°51.